Trois questions clés sur la gestion passive et l’engagement

Mardi 29 juin 2021

Expertise

   

L’engagement devient une force motrice pour faire évoluer la gestion passive et durable, mais son efficacité fait parfois débat. Dans ce contexte, trois questions clés ressortent : L’engagement est-il réservé aux investisseurs actifs ? Comment s’engager ? Quel est le degré d’efficacité de l’engagement dans la gestion passive ? Matthieu Guignard, Global Head of Product Development and Capital Markets, a rejoint le panel du Club Portfolio Institutional ESG sponsorisé par Amundi pour aborder ces questions et bien d'autres encore. Des représentants du Pensions Policy Institute et le Conseil général d’éthique des fonds de pensions suédois ont également participé à ce panel.

Les débats se sont ouverts sur la question suivante : « L’engagement est-il réservé aux gestionnaires actifs ? » à laquelle Matthieu Guignard a répondu en confirmant que l’engagement est un élément clé de l’approche d’Amundi ETF en matière d’investissement responsable. Il a fait valoir qu’il n’y avait pas une telle différence entre l’engagement des gestionnaires passifs et actifs, en particulier pour les grands gestionnaires d’actifs qui s’engagent au nom de tous leurs clients. « Le dialogue que nous avons avec les entreprises n’est pas différent. Notre approche holistique est la même dans les deux cas » a-t-il expliqué.

Le panel a ensuite examiné le ressenti des investisseurs, y compris ceux avec de petites allocations dans un large éventail d'investissements, notamment à travers des stratégies passives, par rapport à leur engagement et à l’impact limité qu’ils pensaient exercer. Mais les panélistes en ont tiré la conclusion que l’influence significative de l’engagement en termes de gestion des risques, de rendement et de potentiel pour atteindre des objectifs plus importants pour l’ensemble de la société réfute ce constat.

« Est-ce facile de s’engager ? » Mark Dunne de Portfolio Institutional a posé cette question à laquelle Matthieu Guignard a répondu en soulignant l’importance du rôle des gestionnaires d’ETF en tant que gérants d’actifs de long terme. L’investissement en ETF permet d’influencer et d’initier un changement réel par un engagement dans la durée. Chez Amundi, l’engagement se traduit par un dialogue avec les entreprises afin qu’elles améliorent leur durabilité. En détenant des encours à long terme, les investisseurs en ETF peuvent tirer profit de l’expérience des gestionnaires qui reviennent chaque année aux assemblées générales pour exercer leur influence et s’assurer que les entreprises respectent les exigences telles que définies par leur stratégie d’engagement.

Ce point a conduit à une discussion autour de la question suivante : « Dans quelle mesure le changement peut s’avérer efficace si la menace de désinvestissement n’existe pas ? ». Les panélistes ont reconnu que l’évolution des mentalités avait conduit les conseils d’administrations à se montrer plus ouverts pour coopérer avec les investisseurs. En outre, l’évolution générale en faveur de la durabilité est un moteur de premier plan pour les inciter à s’engager. Matthieu Guignard est revenu sur l’aspect à long terme des investissements en ETF, en abordant la question du désinvestissement : « C’est parce que les gestionnaires passifs demeurent investis, dans l’incapacité de changer leur allocation au sein d’un indice, qu’ils ont la possibilité de continuer à voter et de continuer à s’engager ». Cela met davantage de pression sur une entreprise pour modifier son comportement plutôt que les conséquences d’un simple désinvestissement. Soulignant l’efficacité de ce processus, il a ajouté « Plus l’investissement est effectué dans la durée, plus l’engagement peut s’avérer efficace ».

Par ailleurs, Matthieu Guignard a évoqué les notations ESG des entreprises et le rôle joué par les fournisseurs d’indices dans l’amélioration des profils de durabilité des entreprises. « Les entreprises qui se comportent moins bien auront inévitablement des notes ESG plus basses, et sont davantage susceptibles d’être retirées de l’indice par le fournisseur d’indice ». Cela justifie l’engagement pour un changement positif comme étant un élément avantageux pour l’entreprise, ses actionnaires et toutes les parties prenantes au sens large.

La discussion a ensuite porté sur la question de savoir si l’engagement constitue vraiment un élément essentiel de l’investissement responsable, ce que signifie de voter contre un conseil d’administration et enfin en conclusion, sur les informations vraiment nécessaires pour parvenir à un engagement réussi.

    

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